Critique de la saison 1 de Fringe:
La première saison de Fringe, diffusée pour la première fois en 2008, a marqué le début d'une série qui allait devenir une référence dans le genre de la science-fiction et du mystère. Créée par J.J. Abrams, Alex Kurtzman et Roberto Orci, elle a su d’emblée établir une ambiance unique, mélangeant le procédural policier avec des éléments de science-fiction « weird science » ou « fringe science ».

Points forts :
L'établissement d'un univers intrigant : Dès le premier épisode, Fringe plonge le spectateur dans un monde où les limites de la science sont constamment repoussées. Les événements inexplicables, souvent macabres, servent de toile de fond à des enquêtes qui explorent des thèmes tels que la régénération cellulaire, les parasites génétiquement modifiés, la téléportation, et bien plus encore. Ce sentiment de découverte constante est l'une des plus grandes forces de la saison.
Les personnages centraux et leur dynamique : Le trio principal, composé de l'agent du FBI Olivia Dunham (Anna Torv), du scientifique excentrique Walter Bishop (John Noble) et de son fils Peter Bishop (Joshua Jackson), est le cœur battant de la série.
Walter Bishop est sans conteste le personnage le plus mémorable de la saison. Son génie lunatique, ses obsessions alimentaires et sa sagesse étrange apportent une touche d'humour noir et de profondeur émotionnelle. Sa relation complexe et souvent tendue avec Peter est l'un des arcs narratifs les plus réussis de la saison.
Olivia Dunham est une héroïne forte et déterminée, dont le parcours émotionnel est central. Sa quête pour comprendre les phénomènes Fringe est souvent liée à des expériences personnelles difficiles, notamment celles concernant son partenaire John Scott.
Peter Bishop agit comme le pont entre le monde du spectateur et l'univers farfelu de Walter. Son sarcasme et son pragmatisme équilibrent parfaitement l'excentricité de son père.
L'ambiance et la direction artistique : La série excelle à créer une atmosphère sombre et mystérieuse, renforcée par une esthétique visuelle soignée. Les scènes d'enquête sont souvent empreintes d'une certaine horreur corporelle, et le sentiment que quelque chose de bien plus grand se trame en arrière-plan est omniprésent.
L'introduction du fil rouge de la mythologie : Bien que la plupart des épisodes soient des affaires autonomes (« monster of the week »), la saison 1 introduit progressivement une mythologie plus large et complexe, notamment l'existence d'une corporation secrète (Massive Dynamic), les "Observateurs" et, de manière plus subtile, les prémices d'un univers parallèle. La mort de John Scott et ses répercussions sur Olivia sont également un élément clé qui tisse une toile plus vaste.
Les effets spéciaux : Pour une série télévisée de l'époque, les effets spéciaux sont généralement bien réalisés, contribuant à la crédibilité des phénomènes scientifiques étranges.
Points faibles (ou moins forts) :
Le format « monster of the week » en début de saison : Les premiers épisodes peuvent parfois donner l'impression d'être des épisodes indépendants sans une progression claire de la mythologie générale. Bien que cela permette de poser les bases de l'univers et des personnages, certains spectateurs pourraient trouver un manque de cohésion narrative au début. Cependant, ce format s'estompe progressivement à mesure que la saison avance et que le fil rouge devient plus prononcé.
Rythme parfois inégal : Certains épisodes peuvent sembler un peu plus lents ou moins captivants que d'autres, en particulier avant que l'intrigue principale ne prenne pleinement son envol.
La caractérisation initiale de certains personnages secondaires : Certains personnages secondaires, comme Broyles ou Astrid, mettent un peu de temps à trouver leur place et à être pleinement développés, bien qu'ils s'améliorent considérablement dans les saisons suivantes.
Conclusion :
La première saison de Fringe est une réussite incontestable qui pose des bases solides pour ce qui allait devenir une série culte. Malgré un démarrage qui privilégie parfois le format épisodique, elle excelle à créer un univers fascinant et à développer des personnages attachants. L'équilibre entre le mystère scientifique, le drame humain et l'humour excentrique de Walter Bishop est particulièrement bien trouvé. Elle a su captiver son public avec des intrigues intelligentes et des rebondissements bien menés, laissant présager un potentiel énorme pour les saisons futures et la construction d'une mythologie encore plus riche. C'est une saison essentielle pour comprendre l'ADN de Fringe et s'immerger dans son monde de science-fiction fascinant.
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